Déton(n)antes

18 mars 2016

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Sa liberté s’étendra jusqu’où s’étend son pouvoir de se libérer elle-même

Le salut réside dans une démarche énergique vers un avenir plus brillant, plus clair. Ce qu’il nous faut, c’est nous dégager des vieilles traditions, des habitudes désuètes, puis aller de l’avant. Le mouvement féministe n’a accompli que le premier pas dans cette direction. Il faut espérer qu’il gagnera assez de force pour en faire un second. Le droit au vote, aux capacités civiques égales peuvent constituer de bonnes revendications, mais l’émancipation réelle ne commence pas plus à l’urne qu’à la barre. Elle commence dans l’âme de la femme.

L’histoire nous dit que c’est par leurs propres efforts qu’à toute époque les opprimés se sont réellement délivrés de leurs maîtres. Il est de toute nécessité que la femme retienne cette leçon : que sa liberté s’étendra jusqu’où s’étend son pouvoir de se libérer elle-même. Il est donc mille fois plus important pour elle de commencer par sa régénération intérieure ; de laisser tomber le faix des préjugés, des traditions, des coutumes. La revendication des droits égaux dans tous les domaines de la vie est équitable et juste, mais, somme toute, le droit le plus vital c’est celui d’aimer et d’être aimée. Si l’émancipation féminine partielle doit se transformer en une émancipation complète et véritable de la femme, c’est à condition qu’elle fasse litière de la notion ridicule qu’être aimée, être amante et mère, est synonyme d’être esclave ou subordonnée. Il faut qu’elle se débarrasse de l’absurde notion du dualisme des sexes, autrement dit que l’homme et la femme représentent deux mondes antagonistes…

Extrait de La tragédie de l’émancipation des femmes par Emma Goldman




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